blog parlant de mes épreuves sportives en tout genre
Vendredi 28 aout 2010 10 heures,
c'est parti pour la
Courmayeur - Champex - Chamonix
98 km avec 5600 mètres de dénivelé positif à faire en moins de 26 heures.
Courmayeur est sous la pluie. Me voila entouré de près de 2 000 traileurs venant de 56 nationalités différentes. l'inconnu m'attend jusqu'à Champex puisque j'ai déjà fait la reconnaissance de la fin du tracé.... j'espère que je vais tenir.
5 - 4 - 3 - 2 - 1 - GO
Départ dans la foule majoritèrement italienne et multinationalité sous un tonnére d'applaudissements et de cris accompagnés de la musique de l'utmb "vangelis". Des frissons me traversent le corps, l'émotion m'envahi et mes yeux deviennent rouges. Nous traversons Courmayeur au milieu de la foule puis rapidement le chemin prend la bifurcation de Planpincieux pour monter au refuge de Bertone. Les coureurs forment un immense reptile serpentant sur les chemins, c'est beau à voir. Après le pointage de Bertone, je ne m'arrête pas au premier ravitaillement et je continue mon ascenssion jusqu'a la "Tete de la Tronche" .
Voila le premier col passé sans trop de difficulté. par contre il continue à faire froid et humide. Ensuite descente (sur la première partie descendre est un bien grand mot) soit çà descend à pic soit c'est montée descente montée descente.... puis vient le refuge de bonnalti. je m'arrête prendre un coca, je fais une petite pose pipi et hop c'est reparti pour Arnouva. A ce ravitaillement, je prends deux bols de bonne soupe au vermicel et sans trop tarder je repards pour le grand col ferret que je crains. Je prends un rythme de croisière qui ne me fatigue pas trop et je le monte sans trop de difficulté jusqu'au sommet. j'ai de la chance la montée se fait entre deux pluies et même sous le soleil. La descente est longue jusqu'à la fouly et praz de fort. surtout que l'on court un long moment sur la route. Une douleur me vient dans le genou dûe au sol dur. J'essaye de courir le plus possible dans l'herbe. La pluie est revenue. Nous entamons la montée vers Champex que je trouve interminable mais je m'accorche au groupe sans broncher, c'est le seul moyen de ne pas lacher. Je sais que je vais retrouver ma famille et mes amis la haut et çà me réchauffe
Je me change, je mange bien et je repars pour les trois derniers cols dans la nuit. La pluie est inscessante mais j'ai le moral. La montée sur Bovine se fait dans la boue, l'eau ruisselle sur le chemin et nos chaussures sont trampées et pleines de boue. Nous sommes obligés de mettre les deux pieds dans l'eau froide des torrents tellement l'eau est montée. La descente est glissante et dangereuse.
Arrivé au col de la forclaz, je me mets à courir jusqu'à Trient. Je ne sais pas ce qu'il se passe en moi mais plus de douleur, pas de fatigue. je repars pour le col de Catogne qui pour moi est le plus dur de la course. Encore une fois, je me mets à mon rythme et sans trop puiser dans mes forces, j'arrive en haut. Je reste à l'abris derrière un concurent tellement j'ai froid, mes habits sont trempés, je grelotte. au Pointage, je place ma couverture de survie sur la peau ce qui me réchauffe et je repars..... en courant. je me sens bien je double et je double encore des dixaines de concurents malgré la boue et le terrain très glissant. Arrivé au dernier ravitaillement, je me fais une joie de penser à la ligne d'arriver que je vais franchir quelques heures plus tard mais la : mauvaise nouvelle, j'apprends qu'au vue des conditions climatiques, la course est arrêtée et finie pour nous......
J'ai donc pu faire 81 km en 18 h 05. J'ai tout de même la frustration de ne pas avoir pu franchir la ligne d'arrivée à Chamonix.
Mon premier objectif était de terminer et encore mieux de le faire entre 20 et 22 heures. Je peux considérer que mon objectif est atteint. Si je peux, je fais une course à 2 points avant la fin de l'année pour m'inscrire directement à l'UTMB 2011.
Merci à tous ceux qui m'ont suivi de près comme de loin, toutsceux qui ont pensé à moi pendant cette course.